On sait qu’il existe dans la Voie lactée des exoplanètes errantes (ou nomades). Mais une nouvelle estimation de leur nombre par des astrophysiciens du Kavli Institute for Particle Astrophysics and Cosmology(Kipac) est stupéfiante. Notre galaxie pourrait héberger jusqu’à 100.000 planètes nomades pour une étoile de la séquence principale.

Des astrophysiciens tentent d’estimer le nombre de planètes errantes dans la Voie lactée depuis quelque temps déjà. L’existence de ces exoplanètes fonçant à travers le milieu interstellaire, libres de toute attache avec une étoile, a été démontrée grâce à l’effet de microlentille gravitationnelle. Quand l’une d’entre elles passe devant une étoile sur notre voûte céleste, son champ de gravitation agit comme le ferait une loupe sur les rayons lumineux en provenance de cette étoile, augmentant sa luminosité de façon bien spécifique. De cette manière, on peut non seulement détecter des objets compacts sombres mais on peut également déterminer leur masse.

En se basant sur les récentes détections de planètes nomades par effet de microlentille, ainsi que sur d’autres observations, un groupe d’astrophysiciens du Kavli Institute for Particle Astrophysics and Cosmology (KIPAC) affirme que le nombre de ces planètes dans la Voie lactée pourrait être bien plus élevé qu’on ne le pensait. Dans un article déposé sur arxiv, ils estiment que pour chaque étoile de la séquence principale de notre galaxie devraient exister de 5 à 100.000 exoplanètes nomades. Sachant qu’on estime à environ 200 milliards le nombre d’étoiles dans la Voie lactée, le nombre de planètes errantes pourrait se compter en millions de milliards.

Des exoplanètes nomades porteuses de vie ?

Dans l’article publié, les chercheurs tentent d’estimer non seulement la distribution en masse de ces planètes nomades mais aussi leur répartition dans l’espace. Ils analysent également les perspectives que devraient offrir le Wide-Field Infrared Survey Telescope (WFirst) et le LSST pour la détection de ces exoplanètes et dans quelle mesure ces instruments permettront de tester leurs hypothèses concernant ces planètes nomades. WFirst, dont le lancement n’est pas prévu avant 2020, devrait permettre de déterminer le rapport du nombre d’exoplanètes nomades de masse plus grande que celle de Jupiter à celui du nombre d’étoiles de la séquence principale, avec une précision de l’ordre de 13 % pour celles situées dans les régions centrales de la Voie lactée.

Ce genre d’information doit apporter des contraintes sur la formation des planètes dans la Galaxie et donc, indirectement, sur la distribution des exoterres. Si une fraction non négligeable de ces planètes nomades, les plus massives, s’est probablement formée à la façon des naines brunes, les moins massives proviendraient majoritairement d’une éjection de jeunes systèmes planétaires. Les astrophysiciens se laissent aussi aller dans l’article à quelques spéculations dans le domaine de l’exobiologie. Certaines de ces planètes nomades, avec assez d’énergie interne pour maintenir longtemps une activité tectonique et avec une atmosphère conséquente, pourraient abriter des formes de vie bactériennes bien après leur éjection d’un système planétaire. Des fragments de ces planètes, véritables incubateurs interstellaires, pourraient donc servir à propager la vie dans la Galaxie. Ce nouvel avatar de l’hypothèse de la panspermie donne à réfléchir, surtout lorsque l’on sait que plusieurs des comètes de longues périodes ne sont probablement pas nées dans le disque protoplanétaire de notre Système solaire.

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