Comment créer de faux souvenirs.
Une étude publiée dans le journal Psychological Science analyse l’influence des stéréotypes associés à l’âge sur la performance de la mémoire et de ses erreurs chez les adultes plus vieux.
Ayanna Thomas et Stacey Dubois, de l’Université Tufts, ont cherché à étudier comment le fait d’adhérer implicitement à des stéréotypes négatifs sur la vieillesse peut influencer la performance de la mémoire chez les adultes plus âgés.
Les deux chercheurs ont présenté à un groupe d’adultes jeunes et vieux une liste de mots sémantiquement associés. Ils ont présenté à un échantillon de participants des mots associés au “sommeil” comme “lit”, “repos”, “réveil”, “fatigué”, et “nuit”. Bien que le mot “sommeil” lui-même n’était pas présenté, les jeunes comme les vieux ont faussement indiqué qu’ils pensaient qu’il était inclus dans la liste, et les adultes les plus vieux plus encore que les plus jeunes. “Les adultes les plus âgés étaient plus susceptibles que les jeunes adultes de faussement se souvenir ces mots qui n’étaient pas représentés. Nous avons cherché à savoir si nous pouvions réduire cette différence de l’âge dans la susceptibilité aux faux souvenirs, en réduisant l’influence des stéréotypes négatifs de la vieillesse” dit Thomas.
Selon Thomas et Dubois, les adultes les plus vieux pourraient implicitement croire que leur mémoire est défaillante à cause de leur âge. Pour tester cette théorie, ils ont informé un certain groupe de participants (qui comprenait des adultes jeunes et vieux) que leur mémoire serait testée, et qu’il était normal pour les adultes les plus âgés d’être moins bons que les jeunes dans les tests de mémoire.
A autre groupe de participants, ils ont demandé d’identifier les mots qui avaient déjà été présentés, et que la partie de ce test sur la mémoire était de décompresser. Ces participants étaient poussés à croire qu’il s’agissait plus d’un test reposant sur le langage qu’un test de mémoire.
Thomas et Dubois ont trouvé que les adultes les plus âgés auxquels on a dit qu’ils réussiraient aussi bien que les plus jeunes adultes étaient moins susceptibles de montrer une tendance aux faux souvenirs que les adultes les plus vieux qui avaient été informés avant d’être testés qu’il y avait des différences dans la performance de la mémoire à cause de l’âge.
“Cette étude est particulièrement utile de nos jours, avec une population vieillissante dans le monde” dit Thomas. “En même temps que les sciences médicales progressent dans leur combat des maladies biologiques, la science psychologique doit aussi progresser pour combattre les déficits cognitifs.” Le chercheur vise, quant à lui, à poursuivre ses recherches pour trouver des façons d’améliorer la performance de la mémoire chez les plus âgés, notamment quand ils apprennent une nouvelle information et veulent s’en souvenir.
Le syndrome des faux souvenirs. Ketcham, Loftus.
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